Détecteurs de radon posés sur une table blanche

Les 3 meilleurs détecteurs de radon en 2022

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle dont la source se situe dans la roche et le sous-sol. Présent sur près d’un quart des communes françaises, ce gaz invisible et inodore s’immisce dans notre air intérieur en s’infiltrant au travers des fondations de nos maisons. Mesuré en becquerels par mètre cube, le gaz radon a tendance à se concentrer dans les espaces clos et non ventilés (cave, sous-sol) avant de remonter dans la maison.

Il est recommandé de tester votre maison contre le radon si votre commune est identifiée comme étant à potentiel par l’IRSN. L’utilisation d’un détecteur de radon vous sera utile pour déterminer l’exposition moyenne de votre famille à ce gaz radioactif. En cas de concentration élevée, vous pourrez ainsi procéder à des travaux de rénovation tels que l’amélioration du système de chauffage, la ventilation et l’étanchéité entre le sol et la maison.

Notre sélection pour l’année 2022

Il existe un nombre limité de détecteurs de radon accessibles aux particuliers sur le marché. Afin de faciliter votre choix, vous avons sélectionné pour vous 3 produits qui sont, selon nous, les meilleurs pour votre maison en 2022.

1. Détecteur de radon RadonEye Plus ²

Le + performant

RadonEye est un dosimètre doté d’une chambre d’ionisation pulsée à double structure et d’un circuit de détection qui lui permettent d’évaluer avec précision le taux de radon dans l’air de la maison après une heure de mesure. Équipé d’un écran OLED et fonctionnant sur secteur, cet appareil dispose d’une incertitude de la mesure affichée d’environ 10 % avec un écart réduit à 1,3 % après 24 h de test (sur une base de 300 Bq/m³).

Connecté en Bluetooth à votre Smartphone, ce dispositif sédentaire vous permet d’enregistrer des données à long terme (jusqu’à 1 an) et de visualiser les résultats d’analyse sous forme de graphique via l’application mobile dédiée (Android et iPhone). Le RadonEye s’actualise toutes les 10 minutes et affiche sur son écran la moyenne des niveaux de radon mesuré sur l’heure qui précède.

2. Détecteur de radon AirThings Wave Plus

Notre coup de 

AirThings Wave Plus est un dosimètre fonctionnant sur pile (autonomie de 16 mois). En plus de détecter le radon, ce produit est capable de déceler le niveau de CO2, l’humidité, la température, les produits chimiques en suspension dans l’air intérieur (COV) et la pression atmosphérique.

Nommé invention de l’année 2019 et primé par le magazine TIME, ce moniteur de la qualité de l’air intérieur (QAI) utilise une chambre de diffusion passive pour déterminer la concentration de radon présente dans l’air de la maison. Avec une précision à 5,4 pCi/L pour 200 Bq/m3, l’incertitude de mesure décroît avec le temps : elle passe de 10 % après 7 jours de test, à 5 % au bout de 2 mois d’utilisation.

Relié à votre téléphone en Bluetooth, le AirThings Wawe Plus affiche la qualité de l’air intérieur et la concentration de radon via son application mobile dédiée (Android et iPhone). L’appareil dispose également d’un indicateur visuel de couleur en fonction du taux de radon présent dans l’air (rouge si ≥ 150 Bq/m3, orange si ≥ 100 et < 150 Bq/m3, vert si <100 Bq/m3).

3. Détecteur de radon Corentium Home

Le meilleur rapport qualité/prix

Corentium Home est un dosimètre fonctionnant sur pile (autonomie de 2 ans). Simple à utiliser, cet appareil affiche des lectures à court et à long terme de vos niveaux de radon et ne requiert que 24 h de mesure avant de pouvoir présenter ses premiers résultats fiables.

Équipé d’un écran LCD, le Corentium utilise une chambre de diffusion passive pour déterminer la concentration du gaz présente dans l’air de la maison. Avec une précision à 5,4 pCi/L pour 200 Bq/m3, l’incertitude de mesure de ce produit décroît avec le temps et passe de 10 % après 7 jours de test à 5 % au bout de 2 mois d’utilisation.

Comment fonctionne un détecteur de radon ?

Un dosimètre à radon est composé d’un support, muni d’une chambre d’accumulation ou non et d’un détecteur. Cet appareil peut être un détecteur de traces nucléaires (DSTN), à électrets ou à spectrométrie alpha.

Les détecteurs solides de traces nucléaires (DSTN)

Un détecteur solide de traces nucléaires est composé d’un polymère sensible aux particules alpha. En contact avec le polymère (nitrate de cellulose, polycarbonate, etc.), les particules alpha transfèrent leur énergie en ionisant ou en excitant les atomes du polymère. Cette énergie cédée au milieu traversé laisse alors des zones de dégâts appelées « traces latentes ». Une analyse en laboratoire par microscopie optique suite à l’application d’un traitement chimique permet de révéler ces traces. En fonction de leur nombre, il est possible de déterminer le volume moyen de radon auquel a été exposé le polymère.

Il existe 2 types de détecteurs solides de traces nucléaires :

  • Les dispositifs dits « en configuration ouverte » : ces produits sont sensibles à la présence des descendants à vie courte du radon et doivent être soumis à un facteur d’équilibre répondant à la norme NF M 60-763. Ce facteur permet de limiter les erreurs d’interprétation concernant l’analyse de l’énergie alpha potentielle volumique.
  • Les dispositifs dits « en configuration fermée » : ces produits sont constitués d’une chambre de détection ne permettant que la diffusion du radon. Une fois affranchi de l’influence des descendants, il n’est ainsi plus nécessaire de soumettre les résultats à un facteur d’équilibre.

Les détecteurs à électrets

Un détecteur à électret est constitué d’une chambre en matériau plastique conducteur, d’un volume de détection déterminé et d’un disque de matériau diélectrique en polytétrafluorure d’éthylène. En pénétrant, le radon passe au travers d’un filtre qui stoppe les différents aérosols ainsi que ses descendants.

La quantification du radon est effectuée en portant le potentiel positif de l’électret à plusieurs centaines de volts, ce qui crée un champ électrostatique provoquant l’ionisation de l’air. Les électrons produits sont alors collectés sur l’électret dont le potentiel décroît. Le choix du couple électret/chambre est opéré par l’opérateur et doit répondre à un certain de mesures définies par la norme AFNOR NF M60-766.

Les détecteurs électroniques à spectrométrie alpha

Un détecteur électronique à spectrométrie alpha est un produit doté d’une chambre à diffusion passive lui permettant de calculer le volume de radon présent dans l’air. L’utilisation de photodiodes au silicium lui permet de quantifier l’énergie dégagée par les particules alpha issues de la chaîne de désintégration du radon. Ce type d’instrument est calibré par un laboratoire accrédité.

Qu’est-ce que le radon ?

2 minutes tout compris | Le radon

Le radon 222 est un gaz d’une durée de vie estimée à 3,82 jours qui fait partie de la chaîne de décroissance radioactive de l’Uranium 238.

En se décomposant, l’uranium crée une particule solide de Radium 226 qui libère à son tour des particules de radon en se désagrégeant. La radioactivité n’est libérée que lorsque ce gaz se désintègre à son tour : il se transforme alors en Polonium 218, un élément radioactif pouvant générer de lourds dégâts aux tissus vivants qu’il rencontre (cellules, ADN).

En se désintégrant, le Polonium 218 génère à son tour toute une série de radionucléides métalliques, dont le plomb 214, le bismuth 214 et le polonium 214, pour aboutir au plomb 206 (stable).

Chaîne de désintégration de l’uranium 238 :

238α→ 234Th β→ 234Pa β→ 234α→ 230Th α→ 226Ra α→ 222Rn α→ 218Po α→ 214Pb β→ 214Bi β→ 214Po α→ 210Pb β→ 210Bi β→ 210Po α→ 206 Pb (stable)

D’où vient le radon ?

Le radon est un gaz radioactif naturel que l’on retrouve dans certaines roches telles que le granit, les roches volcaniques acides ou le gneiss. Présent à des taux relativement faibles dans l’air extérieur, ce gaz se retrouve dans l’atmosphère après avoir migré depuis les sous-sols et a tendance à se concentrer à un niveau plus ou moins élevé dans l’eau et les lieux fermés en contact avec le sol.

La prise en compte de la teneur en uranium des terrains sous-jacents permet de déterminer le potentiel radon des formations géologiques. En connaissant la composition de nos sols, il nous est donc possible de déterminer le risque de retrouver ce gaz dans nos habitations et dans l’eau que nous consommons.

Pourquoi le radon est-il dangereux ?

Cancer du poumon : les principales causes (fumée de cigarette, tabagisme passif, pollution et gaz radon)

Le radon est un gaz disposant d’une durée de vie assez longue pour pouvoir être inhalée (3,82 jours). Lorsqu’il entre en décomposition, ses descendants solides peuvent se fixer sur les poumons et induire à long terme le développement d’un cancer.

Seconde cause du cancer du poumon après le tabac (mais devant l’amiante), ce gaz est responsable d’environ 9,8 % des cancers du poumon chez les non-fumeurs. Ce risque est multiplié par 3 chez les personnes exposées au radon et à la fumée de tabac.

Inoffensif à l’air libre (car en concentration trop faible), le radon devient dangereux pour la santé dans les espaces confinés/peu ventilés, car le risque de développer un cancer du poumon est proportionnel à son exposition. Ainsi, d’après de récentes études, il est établi qu’il existe un risque significatif de développer un cancer en étant exposé pendant 30 ans à un niveau de concentration de 200 Bq/m3 dans l’air domestique, plutôt que de passer quelques heures dans un bâtiment où le taux est très élevé.

Quel est le seuil de radon à ne pas dépasser ?

D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il est recommandé de ne pas dépasser un seuil de 100 Bq/m3 tandis que la France établit ce seuil à 300 Bq/m3. Le becquerel (Bq) étant l’unité de mesure qui détermine l’activité (nombre de désintégrations par seconde) de la matière radioactive.

Que dit la réglementation française ?

En France, les établissements recevant du public font l’objet d’une surveillance particulière. Ainsi, tous les dix ans, les hôpitaux, les maisons de retraite, les établissements scolaires, etc. doivent déterminer la concentration de radon dans leurs locaux. Si celle-ci dépasse un seuil préétabli, des travaux doivent alors être entrepris pour protéger la santé des occupants.

La législation prévoit également de protéger les professionnels travaillant dans les milieux souterrains (grottes, tunnels ferroviaires ou routiers, etc.). Dans ce sens, tous les 5 ans, les sociétés sont contraintes d’effectuer des mesures afin de déterminer la concentration de radon dans les sous-sols qu’elles exploitent.

Récemment, le décret 2018—434 du 4 juin 2018 a permis une meilleure prise en compte du radon en élargissant la surveillance des établissements recevant du public aux crèches, et en abaissant le seuil de gestion à 300 Bq/m3 au lieu de 400 Bq/m3. Par ailleurs, une information doit désormais être transmise aux acquéreurs ou locataires présents dans les zones à potentiel radon significatif.

Où peut-on trouver du radon en France ?

Carte du potentiel radon en France (source : ISRN 2017)
Source : IRSN, 2017 | Figure 1149 : potentiel radon des formations géologiques en 2017 Traitement | SDES, 2019

Une carte est mise à disposition par l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et classe en 3 catégories le potentiel radon de chaque commune. Cette liste des municipalités est définie dans l’arrêté du 27 juin 2018 portant délimitation des zones à potentiel radon du territoire français.

En France métropolitaine, près d’un quart des communes sont concernées par un taux moyen ou élevé du potentiel radon de leurs sous-sols, car les formations géologiques d’une partie de leur territoire renferment des teneurs en uranium particulièrement élevées.

https://www.notre-environnement.gouv.fr/

Dans les zones concernées, ce sont les maisons individuelles qui sont principalement exposées au radon, car elles sont en contact direct avec le sous-sol. On dénombre ainsi, pas moins de 2,5 millions de personnes exposées à un environnement au potentiel radon moyen ou élevé.

Parmi les départements les plus touchés, on retrouve : la Haute-Corse, la Corse-du-Sud, la Haute-Vienne, la Corrèze, la Creuse, le Cantal, la Lozère, la Haute-Loire, la Loire, le Morbihan, le Finistère, le Doubs, l’Ariège, les Hautes-Pyrénées, les Côtes-d’Armor, le Calvados, la Haute-Marne, les Vosges, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort.

Outre-mer, les territoires les plus exposés sont les formations volcaniques de Mayotte et de Polynésie française et les massifs granitiques de la Guyane française.