Rapport GIEC 2022 sur la menace climatique : que retenir ?

Rapport GIEC 2022 sur la menace climatique : que retenir ?

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, ou IPCC en anglais) a été créé en 1988. Il consiste en un « lieu d’expertise synthétisant l’état des connaissances sur le changement climatique et le rôle de l’activité humaine ».

Il publie de nombreux travaux, et surtout des rapports d’évaluation afin que les gouvernements dirigent leur choix en termes de lutte contre le dérèglement climatique. Ce fut le cas du 5ème rapport en 2014, et dernièrement du 6ème rapport d’évaluation que le GIEC vient de publier en février 2022.

Plus précisément, ces rapports sont divisés en quatre parties : les bases scientifiques, les moyens d’atténuation, les impacts, et une synthèse. Le rapport publié en février 2022 concerne les impacts du réchauffement dans le monde. Alors, que retenir de ce rapport basé sur l’étude de 34 000 articles scientifiques passés au crible bénévolement par 270 auteurs ?

Des impacts déjà présents

Les impacts du dérèglement climatique ne sont pas qu’un problème de projection vers l’avenir, mais sont déjà présents sur tous les continents de notre malmenée planète bleue. Avec une augmentation de la température à hauteur de 1,1 degré actuellement par rapport à 1850, une évaluation de la mer de 9 cm par rapport à 1993, et une émission de CO2 fossile qui a augmenté de 68 % entre 1990 et 2019, les impacts existent à la fois sur les être que sur les systèmes.

Il y a des impacts sur les écosystèmes avec des changements de structure, d’équilibre des espèces ou encore une vulnérabilité des habitations. Une baisse mondiale de moitié des aires d’habitations des espèces est constatée.

Il y a aussi des impacts sur le système de société des Hommes via les impacts sur la qualité de l’eau (particulièrement en Afrique et dans la région méditerranéenne) et les productions agricoles, les impacts sur la santé (maladies, qualité de l’air) ou encore directement sur les villes.

En France, nous avons déjà constaté des vagues de chaleur plus fréquentes causant la mort des personnes fragiles notamment, des sécheresses plus fréquentes aussi, ou encore des récoltes parfois moins productives sur certaines régions et dans certaines périodes.

De plus, certains impacts sont irréversibles malheureusement. La fonte des glaces du Groenland est un parfait exemple d’un cas qui est irréversible ; ou encore certaines espèces animales disparues. Agir sur la qualité de l’air et sur notre impact climatique est désormais d’une nécessité absolue.

Les impacts futurs du dérèglement climatique

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Les impacts sont présents aujourd’hui, mais qu’en est-il des impacts futurs ? De manière globale, tous ces impacts vont perdurer et s’intensifier plus ou moins fortement en fonction des scénarios et des choix concernant les vecteurs de réchauffement climatique comme l’énergie émettrice de GES.

De plus, les impacts à court terme ne peuvent que s’intensifier, car ces derniers sont le résultat de notre système actuel. En effet, le lien entre l’Homme et la planète est un système à forte inertie, et les conséquences ne sont pas le résultat des actions actuelles. Dans le cas d’une forte transition actuelle, l’atténuation des impacts ne se verrait qu’à long terme. Les impacts dans 20 ou 30 ans seront donc à minima les mêmes qu’actuellement, mais plus intenses, car ils sont irrémédiables. En revanche, irrémédiable ne veux pas dire que tout est perdu, car les impacts peuvent toujours être diminués, ou au moins stabilisés.

À titre d’exemple, si la baisse de production agricole depuis 10 ans est à hauteur de 4 à 10 % selon le GIEC, cette baisse va se poursuivre et causer la malnutrition de plus de 80 millions de personnes supplémentaires aux chiffres actuels d’ici 2050, et ce, pour un scénario de réchauffement de 2 degrés.

Aller plus loin

Pour connaître plus en profondeur et en détail tous les impacts, le rapport est disponible sur le site du GIEC. Deux clés d’entrée sont possibles :

  • Il est possible de lire le rapport complet de 3 675 pages. Pas sûr que cette lecture se fasse en une nuit.
  • Ou alors, il est préférable de passer par les deux résumés produits par le GIEC, avec un résumé pour les décideurs qui sera plus concret de 31 pages, et un résumé scientifique d’environ 100 pages qui sera plus complet.

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